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Langues de France et état civil

Prénoms bretons, basques, corses et occitans à l'état civil

Pendant presque deux siècles, un officier d'état civil français pouvait refuser un prénom qui ne figurait pas dans les calendriers ou dans l'histoire ancienne. C'est la loi du 8 janvier 1993 qui a renversé le principe : les parents choisissent, et l'administration ne peut saisir le procureur que si le prénom paraît contraire à l'intérêt de l'enfant. Cette liste rassemble des prénoms issus des langues régionales, avec leur langue d'origine et le sens des éléments quand il est établi.

Chercher un prénom par langue ou par sens

Les sens indiqués portent sur les éléments du mot dans la langue d'origine, pas sur le caractère de l'enfant. La déclaration se fait en mairie dans les cinq jours suivant la naissance.

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Enora

breton

Forme bretonne liée à Honora, du latin honor. Portée par une sainte de la tradition bretonne.

Breton

Nolwenn

breton

De Noyale, figure de la tradition bretonne du Morbihan. L'élément gwenn signifie blanc, pur.

Breton

Gwenaëlle

gwenn + hael

gwenn blanc, béni, et hael généreux. Forme masculine : Gwenaël.

Breton

Maiwenn

mai + gwenn

Composé de Mai, forme de Marie, et de gwenn. Prénom de formation récente.

Breton

Morgane

mor + gen

mor la mer ; le prénom est aussi rattaché à la figure arthurienne de Morgane.

Breton

Ronan

breton

Saint de la tradition bretonne, lié à la forêt de Nevet et à la Troménie de Locronan.

Breton

Erwan

breton

Forme bretonne d'Yves, rattachée à saint Yves de Tréguier, patron des avocats.

Breton

Yannick

Yann + -ig

Diminutif de Yann, forme bretonne de Jean. Le suffixe -ig marque l'affection.

Breton

Soizic

breton

Diminutif breton de Frañseza, équivalent de Françoise.

Breton

Tanguy

tan + ki

Éléments bretons tan, le feu, et ki, le chien. Saint Tanguy est lié à l'abbaye de Saint-Mathieu.

Breton

Loïc

breton

Forme bretonne de Louis, elle-même issue du germanique hlūd et wīg.

Breton

Aitor

basque

Popularisé au XIXe siècle par le récit d'Augustin Chaho, qui en fait l'ancêtre des Basques.

Basque

Ainhoa

basque

Nom d'une commune du Labourd, au Pays basque français, devenu prénom.

Basque

Maider

Mari + eder

Contraction de Mari Eder, Marie la belle. Le mot eder signifie beau en basque.

Basque

Edurne

edur, elur

Formé sur le mot basque pour la neige ; c'est l'équivalent du prénom Nieves.

Basque

Unai

basque

Le mot désigne le bouvier, celui qui garde les vaches.

Basque

Eneko

basque

Prénom médiéval basque, à l'origine de la forme castillane Íñigo.

Basque

Amaia

basque

Diffusé par le roman Amaya de Navarro Villoslada ; le mot amaia signifie la fin.

Basque

Ghjuvan

corse

Forme corse de Jean ; entre aussi dans les composés comme Ghjuvan Battista.

Corse

Lisandru

corse

Forme corse d'Alexandre, du grec signifiant celui qui protège les hommes.

Corse

Petru

corse

Forme corse de Pierre, du latin petrus, la pierre.

Corse

Mireille

occitan Mirèio

Créé par Frédéric Mistral pour son poème Mirèio, publié en 1859.

Occitan et provençal

Magali

occitan

Forme provençale de Marguerite, connue par la chanson insérée dans Mirèio.

Occitan et provençal

Aliénor

occitan Alienòr

Forme méridionale portée par Aliénor d'Aquitaine au XIIe siècle.

Occitan et provençal

Ce que dit la règle aujourd'hui

Depuis la loi du 8 janvier 1993, l'article 57 du code civil pose la liberté de choix. L'officier d'état civil inscrit le prénom déclaré, puis, s'il lui semble contraire à l'intérêt de l'enfant ou au droit d'un tiers à porter son nom de famille, il en avise le procureur de la République. C'est seulement à ce stade, et par le juge aux affaires familiales, qu'un prénom peut être écarté. Autrement dit, le refus au guichet n'existe plus : il y a inscription, puis éventuellement contestation.

Pourquoi ces prénoms ont longtemps posé problème

Avant 1993, la référence était la loi du 11 germinal an XI, complétée par une instruction de 1966 qui avait élargi la liste aux prénoms régionaux. Dans l'intervalle, des familles bretonnes se sont heurtées à des refus d'inscription, et certains enfants sont restés plusieurs années sans état civil complet. C'est ce contentieux, connu et documenté, qui explique la prudence de plusieurs générations de parents — et pourquoi beaucoup de ces prénoms ne réapparaissent dans les statistiques de naissance qu'à partir des années 1970.

Le point qui bloque encore : les signes diacritiques

La liberté porte sur le prénom, pas automatiquement sur tous les signes qui l'écrivent. Le cas le plus connu est celui du tilde breton : l'inscription du prénom Fañch a été refusée à Quimper en 2017, avant d'être autorisée en appel à Rennes en 2018. Le point n'est pas anecdotique, car un signe rejeté par un logiciel d'état civil se propage ensuite dans le livret de famille, la carte d'identité et le passeport. Si le prénom que vous avez choisi comporte un signe peu courant, posez la question en mairie avant la déclaration plutôt qu'après.

Sources